Rapport d'activités 2012-2013

Le but d’ASF.ch est d’apporter un appui ainsi que des expertises agronomiques aux partenaires locaux situés dans les pays du sud. Près d’un milliard de personnes souffrent encore de la faim dans le monde. Les causes de ce fléau sont multiples : catastrophes naturelles, conflits, épidémies ou pauvreté. En parcourant rapidement la littérature sur l’alimentation et la faim, on se rend compte qu’au cours des 30 à 40 dernières années, la situation n’a pas beaucoup évolué en dépit des différentes approches sur le droit à l’alimentation, fait-il remarquer.

  • La première approche était basée sur la sécurité alimentaire, elle n’était cependant assortie d’aucune politique spécifique, donc peu efficace.
  • Au cours des années 1990, on a vu émerger le droit à l’alimentation qui implique aussi la sécurité, l’accès, la disponibilité, la qualité de l’alimentation qui comprend aussi des obligations pour les Etats.
  • La troisième approche est une revendication politique, la voie paysanne, ou plus connue sous le nom La Via Campesina. Développée en Amérique du Sud, elle a ensuite été reprise et précisée par les altermondialistes lors des différents forums sociaux mondiaux. C’est la souveraineté alimentaire. Elle est présentée comme un droit international qui laisse la possibilité aux populations, aux Etats de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées. La souveraineté alimentaire accorde en plus une importance aux conditions sociales et environnementales de production des aliments. Elle prône un accès plus équitable à la terre pour les paysans pauvres et privilégie des techniques agricoles qui favorisent l'autonomie des paysans, elle est également favorable à ce que les pays en développement, qui souffrent des importations subventionnées des pays développés, puissent protéger leur marché intérieur, en dépit des accords de libre-échange de l'OMC.

Il s’agit d’une étape importante. Combien de fois sont vus des produits de base qui inondent les marchés à des prix bradés et qui sabordent ainsi la production locale? Un exemple interpelle particulièrement. Lors de la première visite d’ASF.ch au Sénégal en janvier 2012, sur les marchés ont été retrouvés des montagnes de produits aux prix inférieurs à ceux de la production nationale. Par exemple, les oignons en provenance d’Europe, en particulier des Pays-Bas. Il s’agit d’exporter, en faisant du dumping, les importants excédents de la très grande récolte 2011 en Europe. La souveraineté alimentaire demande cependant encore une meilleure reconnaissance dans le contexte international.

La terre a assez de ressources pour nourrir 7 milliards de personnes selon les évaluations d’experts. Le problème repose sur l’inégalité de l’accès à ces ressources, du gaspillage ou sur le report de production végétale pour l’alimentation du bétail.

La traduction en allemand sera prochainement disponible. Ce travail de traduction considérable a été réalisé par Jana Müller, qui effectue son travail de thèse de doctorat en Nouvelle-Zélande, avec l’aide de Janine Rüst, secrétaire au comité. Un grand merci à toutes les deux. Cet outil de communication permet de rendre nos actions plus visibles vers l’extérieur et en particulier en Suisse allemande. Notre site n’est certes pas encore parfait et vos suggestions et commentaires sont les bienvenus.

Au cours de cette année, ASF.ch a soutenu un étudiant Sénégalais en agronomie, Mamadou Mactar Thiam, de l’Université de Dijon sous la conduite du professeur Jean-Christophe Kroll. Dans le cadre de son travail de diplôme, le comité lui a confié une enquête sur la filière pomme de terre au Niger, Burkina Faso et Sénégal. Une délégation ASF.ch à assisté à la défense et à la présentation de son travail de mémoire le 11 octobre à Agro-Sup de Dijon. Mamadou Mactar Thiam a réalisé un bon travail sur lequel ASF.ch peut appuyer pour l’élaboration de nos projets dans cette région. Les risques étant élevés dans plusieurs pays du Sahel et en particulier au Niger, il n’est malheureusement plus possible de s’y rendre. Son travail est disponible sous forme numérisée.

Projets

Niger

ASF.ch appuie ce projet en collaboration avec agro-sans-frontiere Bretagne et grâce à l’apport financier de l’Association des Producteurs de Pommes de terre de l’Arc Lémanique (APPNAL). Le président remercie très chaleureusement l’APPNAL. Le projet se développe de manière très satisfaisante.

La pomme de terre est devenue la principale culture de contre saison dans la région de Dogondoutchi, principalement en raison de son potentiel de rendement et alimentaire très élevés. Par rapport à d’autres cultures maraichères, elle demande moins de travail et moins d’eau (selon expérience sur place). Les rendements ont progressé de manière réjouissante, grâce au suivi et conseils de nos techniciens sur place et en particulier Monsieur Illia Warou qui suit les cultures et évalue des rendements de 20-50 t/ha. Dans la séance tenue ce même jour avec Bernard Jouan, différents scénarios ont été étudiés pour rendre ce projet autonome avec l’aide du gouvernement et le soutien de financements européens.

Sénégal

Au Sud-est de Dakar dans la région de Fatick, le projet prend forme. Un peu plus d’une tonne de plants de pommes de terre des variétés Sahel et Daifla (précoce et mi-précoce) a été acheminée l’automne passé par nos soins. D’entente avec notre partenaire local, Claude Duverney, agronome et prêtre, une douzaine de jardins communautaires ont été choisis. Tous ont reçus 50 à 100 kg de plants à titre expérimental. Les femmes, cultivatrices, sont conseillées et suivies par Claude Duverney et son équipe de techniciens des cultures maraichères. Une délégation ASF.ch s’est rendue sur place en février 2013 pour participer aux premières récoltes. A part quelques problèmes d’enfance pour cette première culture, les résultats sont bons voire très bons. Des détails sur ce projet se retrouvent au point 9.

Rwanda

Sur demande de l’ONG Hope for families, un appui sera apporté au projet sur la culture et la mise en valeur de l’amarante. Cette plante annuelle de la famille des chénopodes est connue en Suisse comme mauvaise herbe et aussi ornementale. Originaire d’Amérique, elle est peu exigeante et productive.

L’amarante a une valeur nutritive exceptionnelle, les graines sont plus riches en protéines que les céréales et contiennent d’importantes quantités de minéraux et fibres. Des travaux avec ces espèces ont été réalisés il y a 20 ans (voir les travaux d’Arnold Schori et Aldo Fossati à Changins). Le comité d’ASF.ch a eu l’occasion de s’entretenir avec Arnold Schori qui a transmis d’intéressantes informations sur ses expériences avec ces espèces.